Émeutes à Mayotte...

Publié le par Matthieu, Chrystelle, Emma et Noha...

Suite à l’arrivée à Mayotte de Mohamed Bacar, président colonel déchu d’Anjouan, des manifestations se sont déclenchées pour demander son extradition vers Moroni…  ça, c’est la version soft de LCI en bandeau tout au long de la journée.

Parce que point de volonté d’extradition, mais juste une grosse envie de lynchage sur la place publique… Cependant comme c’est passé de coutume en France, le colonel déchu et ses hommes ont été convoyés sous bonne escorte à l’aéroport pour être envoyés à la Réunion et remis aux autorités judiciaires (entrée illégale en France avec armes… c’est un début).

Il n’en fallait pas plus pour déclencher la colère des Comoriens résidants à Mayotte, alors point de manifestations mais des émeutes avec caillassages en règle, voitures et motos incendiées, routes bloquées… Et agressions des quelques Mzungus qui passaient par là. (voir la vidéo en cliquant ICI)

Nous avons donc été bloqués une partie de la journée dans le lycée, le téléphone portable a chauffé pour s’enquérir de la situation, faire récupérer les enfants… C’est dans ces situations que l’on peut voir le développement des rumeurs : il a été question de morts une partie de la journée, information d’ailleurs relayée par la radio et, semble-t-il, fort heureusement fausse, de prise d’otages à échanger contre Bacar, d’aéroport incendié pour l’empêcher de partir et d’informations plus ou moins contradictoires sur les lieux d’émeutes… Et donc sur les possibilités de rentrer à la maison en sécurité… ou pas.

Le retour à la maison, sans aucun problème, a permis une thérapie collective de quartier (c’est l’instinct grégaire qui veut que l’on se réunisse en cas de danger), de contempler médusés les voitures de ceux qui se sont retrouvés à un moment ou à un autre en contact avec les émeutiers… Et de ce dire qu’ils avaient eu de la chance.

Comme souvent dans cette situation, le retour au calme relatif arrive avec l’annonce de l’arrivée des gendarmes mobiles de la Réunion… Comme souvent, c’est l’incompréhension devant parfois des gamins de 13/14 ans qui pêtent les plombs, rackettent et font le coup de poing ;  et un sentiment de malaise qui domine. Comme souvent, le racisme anti-blanc refait surface... Mais cette fois, les violences sur personne ont été beaucoup plus graves et nombreuses. Alors, si avec une grande ouverture d’esprit, les barrages et les pierres qui volent peuvent faire partie du folklore local, les atteintes aux personnes traduisent une grave détérioration du climat social.

Mayotte ce n’est donc pas que la carte postale avec les plages, makis et tortues… C’est aussi 40% de clandestins vivant dans la misère et dont certains sont près à faire éclater leurs frustrations à la première occasion.

Bref, la journée est finie, la petite famille va bien et à chaque jour suffit sa peine.

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Delphine 27/03/2008 22:10

Je me disais bien ce midi en lisant Le Monde que tu aurais certainement de quoi donner des nouvelles...Bises à tous :-)